Il est intéressant de se poser en tant que chrétien et membre d’église la question suivante : Est-ce que vous êtes d’accord avec l’affirmation suivante : « Les enfants sont l’Eglise de demain. »
Même si bien souvent nous pouvons avoir tendance à penser que cela est vrai. Il en est tout autrement. Bien évidemment les enfants seront là demain, quand nous peut-être n’y seront plus, mais les enfants sont déjà l’église d’aujourd’hui. Ils sont là à côté de nous. Ils vivent déjà à leur âge un vécu extraordinaire avec Dieu. Ils peuvent nous apprendre aussi énormément. En les considérant uniquement comme étant l’église de demain, il en résulte deux réactions :
– soit nous ne nous occupons que peu d’eux en estimant que les affaires de l’église et de Dieu ne les concerneront que quand ils seront plus grand.
– soit nous ne nous approchons d’eux uniquement en tant que professeur ou formateur, en disant : maintenant intègre les connaissances, les concepts, les histoires. Et on partagera quand tu seras plus grand. Après tout tu ne fais pas encore tout à fait partit de la famille.
–> Expérience : Je me rappelle encore de ce que ma soeur me disait le jour où elle s’est fait baptisé. Des membres lui ont dit : “Bienvenue dans la famille !” Alors qu’elle a grandit dans cette église, elle s’est toujours sentie comme faisant déjà partie de cette famille. Bien évidemment on comprend la réaction de ce membre, mais cela reflète un problème dans nos conceptions.
Nos enfants font déjà partis de la famille de Dieu, ils sont l’église d’aujourd’hui. Je dirait même plus : Et si nos enfants avaient beaucoup plus à nous apprendre, que nous à leur apporter.
Vous pensez que j’exagère !? Et bien je vous propose d’ouvrir vos Bible et de lire un texte avec moi.
1- Dieu a un rêve :
Joël 3.1
Ce texte est magnifique et nous donne ici une sorte de rêve, de ce que Dieu veut pour son Eglise.
Le premier élément à relever c’est que Dieu déverse son Esprit. Il est l’initiateur, c’est lui qui inspire. Mais il n’inspire pas que les adultes, pas que les personnes assez matures, il inspire également les enfants, les jeunes gens. Le souffle de Dieu est répandu sur tous ! Nous sommes tous appelés.
Et il découle de cela, un partenariat entre les jeunes et les vieux. Ici ce n’est pas comme dans une école avec un professeur qui apporte à des élèves, ce n’est pas quelque chose à sens unique. Un partenariat implique que les différents membres de ce dernier soient égaux, qu’ils puissent interagir ensemble, partager, apprendre les uns des autres. Le tout bien évidemment guidé par Dieu, par le Saint-Esprit.
Et ce partenariat, est là pour un objectif bien précis. Créer un réveil. Que cette bonne nouvelle de Dieu puisse être partagée et que d’autres la découvre.
–> Illustration : J’ai toujours beaucoup aimé l’image de la flêche comme étant l’Eglise (Je détaillerai cette image dans un autre message). L’Eglise à un but qui est donné par le mandat évangélique de Matthieu 28.18-20. Ce but représente la cible à atteindre. Le tireur, c’est Dieu, c’est lui qui envoie, il donne l’impulsion de départ. Et la flêche, c’est l’Eglise. Ce qui est intéressant avec une flêche, c’est qu’elle est composée de 3 parties essentielles qui correspondent à 3 sections d’âges de l’Eglise :
Pointe : c’est la jeunesse, incisive. Prêt à transpercer toutes les cibles sur sont chemin.
Empennage : c’est l’âge d’or, ceux qui maintiennent le cap. Qui permet à la flêche de garder la direction donnée par Dieu.
Corps : C’est l’âge intermédiaire. Il fait la cohésion du tout. Permet un échange entre les deux génération.
Si l’on enlève un de ces trois éléments, à coup sur la cible ne pourra jamais être atteinte.
Cette nécessité d’être ensemble, d’un partage est la solution de Dieu face au mal. Et c’est ce que nous montre aussi le texte de Joël.
Chose intéressante : Un magazine fait ce mois-ci (Philosophie-septembre 2011) un article spécial, sur Jorge Semprun.
Cet homme, né en Espagne en 1923, a étudié la philosophie à la Sorbonne à Paris. Il entre dans la Résistance lors de la Seconde Guerre Mondiale et est déporté à Buchenwald. Par la suite, il coordonne la résistence, de 1953 à 1962, contre le régime de Franco. Il finit par être ministre de la culture dans le gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez. Il est décédé en juin dernier.
Cet homme qui a lutté toute sa vie contre le mal. Après une vie de combat, en arrive à cette conclusion : “Face au mal absolu, seule la fraternité permet de s’en sortir.”
La fraternité, la nécessité d’être ensemble ! On retrouve cette même solution de Dieu pour notre monde. Et ce partenariat ne peut se vivre à l’église, que s’il se vit déjà dans nos familles. Et à de nombreuses reprises, la Bible met une emphase toute particulière sur la famille.
Voilà la vision de Dieu pour notre Eglise et elle est belle !
2- Une dure réalité :
Le problème c’est que la réalité est malheureusement tout autre.
Vous avez peut être tous entendu parlé de Valuegenesis, cette enquête mené auprès des jeunes de 16 à 25 ans. Enquête que nous utilisons beaucoup aujourd’hui, puisqu’elle nous permettre de voir là où nous avons des efforts à faire.
Peut être pour ceux qui n’en aurait pas entendu parlé. Il s’agit d’un questionnaire proposé à nos jeunes sur différentes facettes de leur vécu de chrétien. Dans notre division, plusieurs milliers de jeunes ont répondu chacun à 250 questions qui nous permettent aujourd’hui, de faire un peu le bilan d’où nous en sommes. Je vous propose non pas de voir tous les résultats ce matin, ce serait trop long, mais de voir si ce rêve de Dieu que nous venons de découvrir, se retrouve dans notre Eglise.
Un des premiers éléments qu’il peut être intéressant de noter, c’est la fréquence des moments spirituels en famille. Sur les personnes interrogés :
32 % ont un moment spirituel familial quotidien.
35,6 % chaque semaine
13,6 % chaque mois
18,7 % n’ont jamais de moments spirituels en familles.
Si la famille est là pour que nous commencions à partager ensemble à vivre pour rayonner autour de nous. On peut voir que 32,3% de nos enfants sont privés de cela.
Alors il est vrai que même s’il n’y a pas des moments quotidien ou hebdomadaire en famille, on peut quand même partager, discuter ensemble !
L’enquête a révélé que 39,8% des jeunes n’ont jamais ou quasiment jamais parlé de foi ou ce qui peut s’y rattacher, avec leur père et pour leur mère le chiffre est de 20%.
Ce qui fait qu’environ 30% n’ont pas de moments spirituels réguliers et que 20% ne parlent pas non avec leurs parents de foi.
Alors si l’enfant ne peut pas vivre de moments, ou ne peut pas parler avec ces parents, il peut voir ses parents vivre et partager leur foi :
Concernant le partage de la foi : 36,80% des pères ne partagent pas ou ne sont pas à l’aise pour partager leur foi. 14,30% pour les mères.
Ce ne sont ici que quelques résultats qui nous montrent bien qu’il y a un problème dans nos familles ! Qui fait qu’aujourd’hui :
24% de nos jeunes lisent la Bible tous les jours, 21,3% quelques fois par semaine, 12,9% une fois par semaine, 19,8 occasionnellement, 16,8% peu souvent, 5,1% jamais. Soit 41,7% de jeunes qui lisent leur Bible moins d’une fois par semaine.
Et quand on leur demande s’ils sont d’accord avec l’affirmation suivante : « Le salut est une récompense que Dieu nous accorde si nous lui obéissons. »
62,8% sont d’accord avec cette affirmation. 18,9% ne savent pas et seulement 18% ne sont pas d’accord avec cette affirmation. Ce qui fait qu’ils comprennent le salut non pas comme une grâce, mais comme une chose que l’on doit mériter.
Alors il est vrai que ce n’est pas facile. Nous sommes pris dans tellement d’activités de responsabilités que nous avons souvent du mal à tout bien coordonner. Alors on confie à d’autres, on délègue. Les professeurs d’école font plus que de l’enseignement, ils font également de l’éducation, ils apprennent les bonnes manières. On relaie à l’Eglise le soin de l’éducation religieuse et c’est aux pasteurs et responsables de jeunesse de former nos enfants et de les encourager à vivre une relation avec Dieu. Alors il est vrai que les pasteurs, les animateurs de jeunesses, d’EDS ont un impact indéniable et ils font tous de leur mieux. Mais, et c’est le dernier résultat que je partagerais avec vous, voici qu’elles sont les personnes les plus influentes dans le choix spirituel de l’enfant :
1- Mère
2- Père
3- Grands-parents
4- Amis
5- Pasteur
6- Animateurs
7- Membre adulte
Autrement dit ici, en ne se reposant uniquement que sur les pasteurs, ou animateurs ou autres membres d’église pour le vécu spirituel de nos enfants, nous ne nous basons que sur les personnes les moins influente pour ces derniers.
Alors comprenez bien le but de ceci. Ces statistiques ne sont pas là pour nous démoraliser ou nous culpabiliser, mais il est important de prendre conscience de notre rôle. De votre rôle en tant que parent. Il ne faut pas non plus s’en vouloir si un de nos enfants n’a pas choisis Dieu dans sa vie, car on peut tout faire correctement sans que pour autant notre enfant choisisse la même voie que nous, ce n’est pas une garantie ! Il reste malgré tout libre de choisir. S’il existait un mode d’emploi, qui si nous le suivions, ferait que nos enfants soient à coup sûr des chrétiens, où serait la liberté ?
L’objectif ici n’est pas de culpabiliser, ni de chercher un coupable. Mais il est important de se rendre compte de la situation actuelle et surtout de l’importance du rôle de la famille et du vécu !
–> Citation Albino Luciani : Jean-Paul 1er.
« Le premier livre de religion que lisent les enfants, ce sont les parents eux-mêmes.
Mais je rencontre des objecteurs : des parents qui se disent chrétiens et qui déclarent : « Je ne veux faire aucune pression sur mon fils ! Il choisira quand il aura 20 ans ! » A 20 ans ! l’âge de toutes les passions ! L’âge auquel votre fils aura le plus besoin d’une foi pénétrée au plus intime de lui-même pour en recevoir de l’aide ! Et comment fera ce garçon de 20 ans pour choisir.
Il suffit à quelqu’un d’être né pour devenir l’héritier d’un riche patrimoine. Héritier de richesse est une chance et même s’il en est inconscient, l’enfant sera, le moment venu, archi-content devant cette chance.
Si un père est chrétien pour de bon, il doit penser que devenir fils de Dieu et frère du Christ est une chance énorme : pourquoi en priver son fils ? »
Si Dieu est important pour nous, s’il nous fait autant de bien, pourquoi ne pas le vivre dans notre famille ?
« Les hommes tracent sur leur planète des voies de communication de plus en plus visible. Les autoroutes, par exemple, pas besoin d’être dessus pour les voir : elles se signalent de loin par leurs ouvrages d’art qui franchissent audacieusement tous les obstacles, et par leur puissante trajectoire à travers champs et bois. Autrefois, les routes étaient dans le pays ; maintenant, on dirait que c’est le pays qui est entre les routes.
Pourtant, il reste quand même des forêts où, pour ne pas être perdu, le Petit Poucet pourrait semer ses cailloux blancs. Et il reste des vallées et des montagnes où les chemins sont bien cachés. Tellement cachés, même, qu’on ne les voit pas si quelqu’un n’est pas en train d’y marcher.
« Eh ! il doit y avoir un chemin, là ; il y a quelqu’un qui monte ! »
Il y a des chemins que l’on ne voit que grâce à quelqu’un qui y marche.
Dans notre monde comme il va, qui marchera sur le chemin de l’Espérance pour qu’on voie qu’il y en a un… qu’il y en a une ? » Philippe Zeissig.
Il y a des chemins que l’on ne peut voir que si quelqu’un marche dessus. C’est ce dont ont besoin nos enfants, de voir des gens marcher sur le chemin.
Il est intéressant d’observer comment une mère ou un père essaie de faire goûter à son jeune enfant un nouvel aliment (en général il s’agit d’un légume) : le parent prends une cuillère la met à la bouche est fait Mmmm ! C’est bon ! Car le bébé a besoin de voir que cela est bon pour l’un de ses parents pour pouvoir goûter lui aussi à ce nouvel aliment. Imaginez que la mère ou le père, fasse une mine de dégoût ou n’ai aucune réaction au moment de prendre cet aliment et dise : Il faut que tu en manges ! On comprend tout de suite que cela ne marcherait pas du tout.
Il en est de même pour notre vie chrétien.
Quand la Bible nous dit : « Faites de l’Eternel vos délices ! » Montrez que c’est bon pour vous. Montrez que vous vous régalez avec le Seigneur ! Nos enfants ont besoin de voir que nous avons du plaisir, que ce n’est pas une corvée, avant de pouvoir envisager cela pour eux.
Il ne suffit pas uniquement de le leur dire. Mais il faut vivre, partager, marcher sur ce chemin, pour leur montrer qu’il est là et qu’eux aussi peuvent le prendre.
3- Dieu nous engage à être des faiseurs de disciples :
D’ailleurs Dieu nous engage à cela : Matthieu 28.18-20.
L’objectif ici est de faire des disciples, d’accompagner de partager, d’apprendre. Et cette mission commence dans la famille, car elle est pour Dieu la cellule la plus importante, et c’est ce qui est le plus important pour l’enfant.
Nos enfants peuvent avoir une relation personnelle et quotidienne avec Jésus. Ils peuvent être remplis du Saint-Esprit, nous l’avons lu dans Joël. Ils ont un rôle à jouer maintenant ! Les enfants peuvent aussi conduire d’autres enfants vers le Christ, ils peuvent être les mains, les pieds et le cœur de Jésus dans votre quartier et dans notre église.
Soyons conscient de l’importance de notre rôle et avançons ensemble sur le chemin pour que nos enfants s’élèvent vers Dieu. Que le Seigneur vous bénisse et vous garde. Amen.


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